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vendredi 6 octobre 2017

Catalogne : Le jour où les slovaques ont divorcé des tchèques.

Hável-Mečiar: Divorce de velours pour l'indépendance slovaque

C’était en juillet 1992.
Depuis à peine 3 ans, la Tchécoslovaquie s’est libérée de l’occupation soviétique, a retrouvé la démocratie, s’est transformée en fédération tchèque et slovaque et a élu un Président, le charismatique Václav Havel, écrivain, homme de théâtre, militant des droits de l’homme, moult fois emprisonné pour ses convictions démocratiques.
Havel se rend à Bratislava pour ce qui sera son dernier voyage officiel dans la capitale de la Slovaquie. En juin 1992, les élections ont porté au pouvoir en Tchéquie, le parti conservateur de Václav Klaus, en Slovaquie le parti populaire de Vladimir Mečiar, l’ancien dirigeant du parti communiste local. Majoritaire au Parlement slovaque mais avec seulement 35 % des suffrages, il pousse pour l’indépendance. Avec son voyage, Václav Havel tente de convaincre qu’il y a plus de points communs que de différences entre les tchèques et les slovaques, ces slaves de mêmes origines qui parlent presque la même langue, mais les uns ayant été occupés pendant 400 ans par les autrichiens et les allemands, les autres par les hongrois. Ils partagent souvent les mêmes héros: Comme Dubček , le père malheureux du Printemps de Prague de 1968, réprimé par les chars soviétiques, qui était slovaque. Et pendant la seconde guerre mondiale, les nazis pour dépecer la Tchécoslovaquie, avaient créé un Etat fantoche fasciste en Slovaquie.
Frustration à l’égard de Prague qui attire tous les regards au détriment de Bratislava ? Volonté de pouvoir de Vladimir Mečiar ? Le pacifiste et humaniste Havel n’arrivera pas a éviter le divorce. Ce jour-là des manifestants indépendantistes très manipulés le conspuent, bousculent un peu sa voiture dans les rues de Bratislava. Il remonte au château qui domine la ville et qui est la résidence présidentielle quand il vient en Slovaquie. Fatigué, désabusé, il nous confiera : « C’est fini, nous allons nous séparer. Oh! ce sera sans violence, il n’y a pas de haine, que du regret » « Et il ajoutera : « Vous feriez mieux de vous intéresser à ce qui se passe de l’autre côté de la frontière, en Yougoslavie. Là-bas cela va être dramatique ». A l’époque l’ambassadeur de France à Belgrade expliquait que si la Yougoslavie devait éclater de quelque chose, ce serait de rire.
Quelques jours plus tard, le 17 juillet, l’Assemblée slovaque vote une déclaration sur l’indépendance. Vačlav Havel démissionne. Le 1er janvier 1993, sans référendum, la Slovaquie devient indépendante.
A l’époque on la voyait mal partie, toute seule, séparée de la plus riche et plus peuplée Tchéquie. Et puis non, finalement. Des deux pays, c’est elle qui s’en est le mieux sortie, profitant habilement de sa proximité avec la très dynamique Autriche. A peine 70 kilomètres entre Vienne et Bratislava. A Prague au contraire, des gouvernements médiocres ont déçu les tchèques.
Une indépendance sans violence donc, on l’a appelée le « divorce de velours », qui n’a pas conduit à la catastrophe. Mais était-ce si stupide que cela de faire vivre ensemble les slaves d’Europe centrale ?

L’Espagne n’est pas la Tchécoslovaquie, la Catalogne n’est pas la Slovaquie, le Président du gouvernement Mariano Rajoy n’est pas - loin s’en faut - Václav Havel. En revanche à Barcelone, le Président catalan semble partager la même détermination que Vladimir Mečiar en 1992.

mercredi 4 octobre 2017

Espagne-Catalogne: D’un discours royal, l’autre

Guernica de Picasso à Madrid: Valencien? Catalan ? espagnol ?
En Espagne, on s’en souvient comme du 23F. Le 23 Février 1981, un groupe de militaires prend en otages les députés réunis aux Cortés. Leur chef Antonio Tejero veut renverser la toute jeune démocratie espagnole.
Après la mort du dictateur Franco en 1975, Juan-Carlos avait été officiellement couronné roi. Mais en quelques mois, à la surprise générale, il va permettre le changement de régime, des élections libres, la reconnaissance des autonomies. Ce soir-là, à la télévision et à la radio, lui, le roi, chef des armées s’adresse aux militaires et leur ordonne de rentrer dans les casernes. Ce soir-là incontestablement, il sauve la démocratie.
La légitimité de la Monarchie espagnole vient de là. Même si les anglais ont coupé la tête de leur roi, bien avant les français, 400 ans de monarchie ont créé des liens étroits entre l’identité de la Grande-Bretagne et la Monarchie. En Espagne, ce n’est pas le cas. En 1931, les espagnols avaient proclamé la République. Puis après une guerre civile épouvantable, Franco avait certes rétabli la royauté, mais sans roi, le grand-père du roi actuel, Comte de Barcelone d'ailleurs, ayant préféré l’opposition et l’exil à la dictature.
Mais depuis le 23F, les générations ont changé. Beaucoup d’espagnols, et en premier les catalans, ne se sentent plus liés par ce passé tragique.
Aussi le discours du roi Philippe hier ne sera-t-il pas le pendant du discours de son père il y a 36 ans. On voit mal aujourd’hui qui pourrait sauver l’Espagne.
C’est un peu triste. Et inquiétant bien en-deça des Pyrénées. L’heure semble être à l’égoïsme sacré, Barcelone ne veut plus payer pour Séville, Milan pour la Sicile, Paris pour la Corse ou l’Outre-Mer, Berlin pour la Grèce, et pourquoi devrais-je payer des impôts pour entretenir des chômeurs ? Comme aux Etats-Unis où les électeurs de Trump ont voté pour moins d’Etat fédéral.

C’est quoi vivre ensemble ?

vendredi 29 septembre 2017

Divorce à la catalane : L’Europe va-t-elle se fracasser à Barcelone ?

Adieu l'Espagne, Fin de l'Europe ? 
Quand on aime l’Espagne ET la Catalogne, on ne peut être que déchiré, consterné et triste par la le référendum organisé Dimanche par Barcelone.
Le résultat est connu d’avance. Ce sera Oui. Evidemment puisque ceux qui sont contre l’indépendance n’iront pas voter alors qu’ils sont sans doute majoritaires.
Et le gouvernement catalan l’a déjà annoncé : Quelque soit la participation, il proclamera l’indépendance.
Dans ce divorce, tout a mal tourné.
A Barcelone gouverne une coalition hétéroclite rassemblant : Des ultra gauches qui sont de toute façon contre tout, des dirigeants traînant pas mal de casseroles et d’affaires de corruption et qui voient dans cette fuite vers l’indépendance un moyen d’échapper à la justice, des nationalistes qui considèrent que pour rétablir la culture catalane à sa juste place, il faut forcément passer par un rééquilibrage: Imposer, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, le catalan comme seule langue dans l’éducation, comme seule langue d’affichage dans les rues - Tous les panneaux bilingues ont été enlevées des rues de Barcelone, jusqu’à l’aéroport où l’espagnol « castillan » vient en 3 ème position derrière l’anglais.
A Madrid, malheureusement, la situation politique est la pire pour gérer cette crise: Le gouvernement de droite ne doit sa survie qu’aux divisions de l’opposition, les insoumis espagnols détestant autant le Parti socialiste que le parti conservateur. Quant à Mariano Rajoy, le Président du gouvernement, il manque de charisme, de crédibilité, son parti et lui-même étant régulièrement éclaboussés par des affaires de corruption.
Les nationalistes catalans estiment que la Catalogne a été conquise par l’Espagne. Mais historiquement l’Espagne a-t-elle jamais existé sans la Catalogne ? C’est bien l’alliance entre Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, comte de Barcelone, qui a fondé l’Espagne moderne il y a 500 ans. L’Espagne sans la Catalogne n’existe pas. Ou alors la France sans l’Occitanie, la Bretagne, le Pays Basque, la Savoie, la Corse bien sûr. Et l’Italie ? Et la Belgique ? Et, et...
Il est dommage qu’à la Sorbonne, Emmanuel Macron ait sauté par dessus cette question dans ces propositions pour l’Europe de demain. Bien sûr la France est mal placée pour dire quoique ce soit aux espagnols: Historiquement nos initiatives ont toujours été catastrophiques: Depuis Napoléon jusqu’à la politique de neutralité du gouvernement Blum pendant la guerre civile espagnole.
Mais aider les espagnols à éviter un divorce qui casserait la vaisselle et les meubles jusqu’à Bruxelles, c’est cela l’urgence européenne. Cela permettrait de définir ce qu’est l’Union européenne: Une prison des peuples ou bien une volonté de vivre ensemble. Pourquoi devrions nous vivre ensemble alors que les espagnols n’y arriveraient pas ? A cette question, Emmanuel Macron n’a pas répondu et c’est pourtant La question qui sous-tend la construction européenne.
   

jeudi 21 septembre 2017

Déboulonner Colbert, esclavagiste. Et pourquoi pas Napoléon ?

Le "Tres de Mayo", les massacres de Napoléon en Espagne

C’est une polémique qui certes n’empêche pas beaucoup de français de dormir, mais qui trouve un certain écho dans les media.
Colbert, Jean-Baptiste, 1619-1683, a été LE ministre des Finances de Louis XIV. Son job : Trouver des sous pour que le roi soleil brille. Et comme les français étaient un peu mou du genou pour créer des entreprises, Colbert eut cette idée géniale: L’Etat allait créer des manufactures avec monopole pour transformer les matières premières et les exporter avec une forte plus value. L’Etat entrepreneur cela ne remonte pas à Mélenchon mais à Colbert. Et il n’a pas fait que ça : Créer un marine puissante, introduire les droits de douane, fonder l’Académie des Sciences, etc... Et parmi les etc... le Code noir qui règlementait l’esclavage dans les colonies françaises. En gros, avant, on pouvait écorcher, mutiler, égorger un nègre rien que pour s’amuser - avec le Code noir, il y avait des règles: Les esclaves étant considérés comme des meubles - oui comme une armoire Ikéa - il ne fallait pas les abimer sinon sur le Bon coin de l’époque, ils perdaient de la valeur. Bref, une horreur qui ne prit fin qu’avec la Révolution française.
Alors, exit Colbert, les statues, les rues, les lycées qui portent son nom.
Mais, et Napoléon ? Qui rétablit l’esclavage en 1802. Qui envoya 20 000 soldats pour tenter de vaincre les esclaves haïtiens qui refusaient de redevenir esclaves, mauvais esprits, va ! Et qui en Europe, mena une guerre d’expansion qui provoqua des millions de morts. Demandez donc aux espagnols ce qu’ils pensent de notre grand homme !
Et Gallieni, responsable du massacre de centaines de milliers de malgaches ? Et Bugeaud, le grand conquérant de l’Algérie, qui y sema la terreur, multiplia les massacres et écrivait : « Je brûlerai vos villages et vos moissons » ?
Ce qui est un peu surprenant c’est que cette attaque contre Colbert soit (re)lancée un mois après les émeutes de Charlottesville aux Etats-Unis. Là-bas il s’agissait de déboulonner la une statue d’un général sudiste. Rappelons que les Etats-Unis ont été fondés avec et sur l’esclavage, que Washington était propriétaire d’esclaves et que dans le Sud des Etats-Unis l’apartheid ne prit vraiment fin que dans les années 60, 1960.
Dommage donc d’aller chercher nos modèles chez les américains. Dommage de ne pas s’inspirer de ceux parmi nos compatriotes qui n’ont pas attendu pour remettre « le Nègre debout ». Comme Aimé Césaire, poète, normalien, il y a 80 ans déjà, à une époque où les noirs américains n’avaient même pas le droit d’aller à l’Université. Député-Maire de Fort-de-France, il fit non pas enlever mais déplacer la statue de l’Impératrice Joséphine. Auparavant, elle était au centre de la Place de la Savane. Aujourd’hui elle se trouve dans une allée latérale. Se souvenir qu’une martiniquaise devint impératrice des français, oui. Mais honorer la mémoire de la fille de colons qui oeuvra pour le rétablissement de l’esclavage, non.
Aujourd’hui, nous connaissons mieux l’histoire de Martin Luther King, de Malcom X ou de Mandela - merci Hollywood - que celles de Toussaint-Louverture, de Louis Delgrès ou encore de Danton qui déclara au moment du vote de la première abolition de l’esclavage en 1794.
« Représentants du peuple français, jusqu’ici nous n’avions décrété la liberté qu’en égoïstes et pour nous seuls. Mais aujourd’hui nous proclamons à la face de l’univers, et les générations futures trouveront leur gloire dans ce décret, nous proclamons la liberté universelle ». 


mardi 19 septembre 2017

Tempête sur la Caraïbe: Mais à quoi sert France Ô ?

Dommage qu'à Paris, France Télévisions ait zappé ses rédactions en Guadeloupe

Il existe une chaine de France Télévisions qui répond au doux nom de France Ô. Notez bien l’accent circonflexe sur le O. C’est pour signifier que ce n’est pas France zéro mais France Outre-Mer. La vitrine des cultures de l’Outre-Mer, la fenêtre en métropole des stations qui se déclinent en : Guyane 1ère, Martinique 1ère, Guadeloupe 1 ère, etc... C’est la chaîne de la « diversité » ( ?), avec des diffusions de concerts d’artistes antillais, africains, ou encore des séries tv orientées « public tropical », plus ou moins réussies. Ainsi « Luther » ou « Racines » côtoient des séries cliché sur des colons français à Cuba ou sur les secrets de famille de planteurs à la Réunion. Tout cela mélangé avec « Famille d’accueil » ou « Louis la Brocante », bref les fonds de tiroir de France Télévisions.
Les noctambules ou les lèves-tôt peuvent aussi y suivre en rediff les JT de la Réunion ou de la Guyane. Ce qui n’est jamais inintéressant ;
Avec les cyclones sur les Antilles, on se dit: Allons voir sur France Ô. Et là consternation: On pensait y voir les dernières nouvelles de Guadeloupe et l’on tombe sur « la Smala s’en mêle ».
Aucun cyclone n’est passé sur France Ô à Paris, donc leur direction n’a pas été inondée. Sur place en Guadeloupe, leur rédaction continue d’ailleurs à fonctionner puisqu’on peut les suivre en direct sur Facebook, et partager ainsi en pleine nuit les appels et les témoignages des habitants barricadés chez eux. Sur Twitter, on a également pu suivre la progression du cyclone, notamment sur la Dominique dont le Premier Ministre a décrit en direct comment tout était détruit, lui-même devant être secouru dans sa maison dévastée.
Dans de telles circonstances, une chaîne de télé normale « casse » sa programmation, « mobilise »  son antenne pour remplir ainsi sa mission d’information pour tous ceux qui en métropole ont de la famille, des proches, des amis aux Antilles.

Sinon, à quoi sert FranceÔ ? 

lundi 18 septembre 2017

La légion a sauté sur Saint-Martin. Et après ?

Après le temps de la compassion et de la légion, quel avenir pour Saint-Martin ? 

Ça y est: 150 légionnaires de Guyane ont été « projetés » à Saint-Martin.
Ils rejoignent 1500 hommes, pompiers, gendarmes, GIGN. En attendant le Tonnerre, parti de Toulon avec 1 000 tonnes de matériel, etc.
Tout cela pour 35 000 habitants. Ne parlons pas des 7000 habitants de Saint-Barth, les maisons de milliardaires ayant mieux résisté - tiens comme c’est bizarre – que les cases en tôles de Sandy ground.
Certes, cette aide est indispensable pour les sinistrés de toutes ces îles - car il n’y a pas eu que Saint-Martin - qui ont été ravagées par le cyclone Irma. Ils ont vécu des heures épouvantables, dont nous n’avons en Europe aucune idée. Des rafales de vent de plus de 300 km/h... La végétation hachée menue, comme passée aux lance-flammes, des vies entières noyées sous des trombes d’eau.
Mais Saint-Martin était déjà sinistrée avant le passage du cyclone. Derrière une vitrine de bronze-culs pour touristes, c’était prostitution, trafics en tout genre, bidonvilles, immigration clandestine. Un quart de la population au RSA, contre 7 % en Ile-de-France. Une délinquance et une violence terribles: 3,5 vols avec armes pour 1 000 habitants contre 0,6 en métropole.
En Guyane, 1500 kilomètres plus au sud, il n’y a ni cyclone, ni tremblement de terre, ni volcan. Pourtant la situation des 250 000 guyanais est souvent pire que celle des habitants de Saint-Martin.
On ne pourra jamais éviter les colères de la nature. Mais elles frappent d’abord les plus pauvres. En 2010, le tremblement de terre en Haïti avait fait 300 000 morts. En 2016, un séisme de même magnitude au Japon a fait ... 50 victimes.
Ce ne sont pas que des maisons qu’Irma a fait voler en éclat, mais l’illusion d’un développement de l’Outre-Mer français. Et l’on ne voit pas pourquoi cela changerait. En dehors du tourisme pour les Antilles, d’Ariane et de l’or pour la Guyane, quoi ? Un avenir fait de chômage, d’aides sociales et de subventions ? Il faudrait un vrai projet...
Tristes tropiques. 

jeudi 14 septembre 2017

JO Paris: En 2024 finis les soucis!

Paris 2024: Made for sharing? 

Quelle joie ! NOUS avons les Jeux Olympiques. 
C’est une chance pour la Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre d’Île de France. Avec la construction de la piscine olympique, les enfants de Saint-Denis deviendront de futurs Mauresmo, avec le village olympique, le centre de presse, autant de futurs logements qui élimineront le mal-logement. Et puis seront construites de nouvelles infrastructures qui serviront les parisiennes et les parisiens: Comme ce super RER pour relier l’aéroport Charles-De-Gaulle, pour 30 euros, ce qui permettra aux hommes d’affaires de ne plus se farcir les matins glauques dans des RER B bondés. Et puis tellement d’emplois. On parle de 250 000 emplois créés. Dont profiteront évidemment les jeunes depuis Bac – 2 jusqu’à Bac + 5. Qui sont, comme on sait, la main d’oeuvre recrutée en priorité par les grands chantiers du BTP. Bien sûr ne parlons pas des questions qui inquiètent comme la sécurité. Y penser toujours en parler jamais. 
Et puis surtout les JO vont booster l’attractivité de Paris. C’est vraiment utile, car notre capitale est peu connue, certains la confondent même avec une ville du Texas. ( petite référence cinéphile à nos amis allemands et le film de Wim Wenders Paris-Texas ). Et forcément ils sont déçus. Ils s’attendent à voir des cow-boys dans les rues et ils errent au milieu de migrants qui dorment sous la pluie, ils pensent voir Montmartre et ils croisent des rats, et des parisiens, comment dit-on à Marseille ou à Lyon ? Tête de chiens. Donc pas si magiques que ça. 
Ce qui explique que derrière les chiffres : Paris première destination touristique, la France première destination du monde, se cachent d’autres chiffres: Moins de recettes touristiques que l’Espagne ou les Etats-Unis, des séjours très courts, on traverse la France mais on va faire ses courses à Londres et la fête à Barcelone. 
Mais en 2024, grâce aux JO, ce sera l’inverse. C’est magique. Comme Paris.

lundi 4 septembre 2017

Le débat Merkel – Schulz à la télé allemande moins nul que le match France - Luxembourg.

Le combat Merkel - Schulz, vu par la presse allemande.
Hier soir, il n’y avait rien à la télé. Ah ! si, un match de foot, mais c’était une rediff puisque l’équipe de France comme en 1988 contre Chypre, ou en 1998 contre l’Islande, était tenue en échec par la 136 ème équipe au classement FIFA. Un match, comment dit-on nul en luxembourgeois ?: Nul ou Null comme en allemand.
Null ou presque : C’est le mot qui convient à un autre match très suivi - 22 millions de téléspectateurs -  le TV-Duell , entre, à ma droite Angela Merkel, candidate pour un 4 ème mandat, à ma gauche, Martin Schulz, le candidat des sociaux-démocrates. Pas simple pour lui : Depuis 4 ans, son parti est allié avec celui de Merkel. Schulz est tellement outsider, que tout le monde pense qu’il est déjà out.
Donc Angela va remporter les élections. Plus exactement son parti, crédité de 38- 39 % des voix dans les sondages. 
Mais elle devra constituer une coalition. Comme en 2013 où il avait fallu deux mois de négociations pour former un gouvernement.
Cette année l’incertitude porte sur les « petits partis », de gauche, d’extrême-droite, du centre, des Verts. Même si l’Allemagne ne ressemble pas à la caricature qu’en font les Insoumis - Pauvreté et inégalités beaucoup moins fortes qu’en France quoiqu’en disent certains chiffres, quasi plein emploi, déficit budgétaire qui accumule les excédents - tout cela a été obtenu au prix d’énormes sacrifices imposés aux générations les plus âgées. Sans parler des migrants: 1 million en un an ? Les petits partis pourraient donc grapiller ici et là les votes des déçus de Merkel. 
Et cela rendrait les lendemains de la victoire pas si chantants que ça. Et cela rendrait notre automne pas si chantant que ça. Car, et c’est la conviction et l’engagement du Président Macron, notre pays ne peut avancer sans marcher main dans la main avec l’Allemagne, alors si demain l’Allemagne n’a pas de main....
En définitive, Merkel-Schulz, c’était donc plus intéressant que France-Luxembourg, et il y a eu un vainqueur: La Chancelière.

vendredi 1 septembre 2017

Macron, l'ami des bêtes.

Partout où il y a un malheureux, Dieu envoie un chien ( Lamartine)

Ouf ! Nous voilà rassurés: Notre Président aime les bêtes. Et comme ses prédécesseurs, sauf De Gaulle - mais imagine-t-on le Général etc, etc...- il a désormais un chien.
Depuis 100 jours, ça manquait. Et nul doute que cette absence canine explique sa baisse estivale dans les sondages de popularité.
Car aimer les bêtes, c’est aimer les gens. C’est aimer celles et ceux qui dans une gare «  ne sont rien » pour reprendre l’expression du Président dans son discours du 29 juin pour l’inauguration de la Station F de Xavier Niel, Xavier Niel qui lui n’est pas rien. A partir du minitel rose, il est devenu une sorte de Bill Gates français, propriétaire de Free, co-propriétaire du Monde, du Nouvel Obs, de Rue 89.
Nemo - pas le capitaine, ni le poisson, le nouveau chien présidentiel – est un labrador croisé griffon, un métis, un oublié adopté à la SPA. Difficile de passer à côté, car il est sur toutes photos officielles. S’il bouscule le protocole, c’est parce qu’il est jeune, un peu chien fou, un défaut qui disparaît avec l’âge. On ne sait pas encore s’il va bénéficier d’un statut ou d’une charte. Après tout un chien ça coûte et qui va payer ? Et pourquoi la transparence ne concernerait pas aussi les animaux qui sont des êtres vivants comme nous.
En attendant, Nemo ne quitte pas son nouveau maître d’une semelle. Pour accueillir le Président du Niger. Ou le ministre allemand des affaires Etrangères. Un peu surpris sur le coup, Sigmar Gabriel y est quand même allé de sa caresse. Il est vrai que l’Allemagne est en pleine campagne électorale.
Mais nous avons évité le pire et là on reconnait bien la patte de la nouvelle com’ de l’Elysée. Imaginez qu’au lieu d’un labrador, la SPA ait proposé un berger allemand. Mélenchon et les insoumis auraient aboyé : « C’est l’illustration de la soumission de Macron aux diktats de Merkel ». « Allez les gens déferlons contre les allemands, même bergers ». Ça aurait été bête !




jeudi 31 août 2017

Faut-il brûler le Franc (CFA ) ?

Le Franc CFA symbole du néocolonialisme français ? 

C’est une affaire qui fait grand bruit en Afrique, ou du moins en Afrique francophone. 
Le 19 août dernier, Kémi Seba, souvent présenté comme un « polémiste » franco-béninois, a brûlé en public un billet de 5000 Francs CFA ( pas de panique, cela représente moins de 8 euros). Il a été arrêté et jugé en flagrant délit par un Tribunal de Dakar. Quel délit ? En France, contrairement à une idée reçue, brûler un billet de banque n’est pas, n’est plus un délit. Mais beaucoup ont encore en tête Serge Gainsbourg en 1984 brûlant un billet sur le plateau de TF1 pour montrer que chaque fois qu’il gagnait 500 Francs, le fisc lui en prenait la moitié.
Mais le Sénégal n’est pas la France, et curieusement, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest est apparemment moins souple. L’incendiaire a été relaxé, mais qu’importe : Il a fait le buzz autour de son combat contre le néo-colonialisme français, symbolisé selon lui par le maintien du Franc CFA, cette monnaie commune, créée au moment des indépendances de l’Afrique francophone.
Dans sa lutte qu’il compare à celle de Rosa Parks au temps de la ségrégation aux Etats-Unis – excusez du peu, il faudrait peut-être lui rappeler le sort des noirs pendus aux branches des arbres par le Ku Klux Klan -  il a été soutenu par de nombreuses personnalités, journalistes, artistes, comme le chanteur Alpha Blondy.
Il surfe ainsi sur une accusation de plus en populaire en Afrique de l’Ouest : Le Franc CFA maintient une situation de domination coloniale, et la Banque de France qui garantit la stabilité et la convertibilité du Franc, se ferait ainsi payer une sorte d’impôt colonial. C’est faux, mais cela a l’apparence d’une vérité, ne serait-ce qu’à cause du nom de cette monnaie qui renvoie à l’histoire coloniale.
Personne à Paris ni à la Banque de France, ni à l’Elysée ne défendra un instant le Franc CFA. Le nouveau Président l’a annoncé: La Françafrique ne rapporte rien à notre pays, si ce n’est des problèmes qui handicapent l’établissement de relations décomplexées entre nos pays. Ce n’est pas cela qui permettra à Bolloré ou à Orange de remporter plus de contrats face aux entreprises chinoises, américaines ou marocaines.
En revanche, faire du Franc CFA la source de tous les maux africains a l’avantage d’éviter que l’on pose des questions compliquées:
Chacun de ces pays doit-il avoir sa propre monnaie ? Quelle doit être la politique monétaire du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire ? Quid de l‘indépendance monétaire réelle pour des pays moins dynamiques comme le Burkina ou le Mali ? Quel est le « bon » niveau du Franc CFA ? Est-il trop cher ? Sa stabilité est-elle un avantage ou bien un handicap pour le développement ?
Quand on voit les errements de certains pays d’Amérique Latine de l’Argentine au Venezuela en passant par le Brésil, on peut craindre que l’instabilité monétaire, l’utilisation de la planche à billets, l’hyperinflation, ne pénalisent d’abord les plus pauvres, les plus riches plaçant eux leur argent en dollars ou en euros à Miami ou dans les Iles Vierges. Sans parler du Congo Kinshasa, dont le Franc, autrefois Zaïre, qui n’est lié ni au Franc CFA, ni à la Banque de France, s’effondre face au dollar, alors que l’inflation explose. On estime que les congolais ont perdu 20 % de leur pouvoir d’achat en un an.
Mais il y a une question encore plus gênante qui n’est pas posée par le billet brûlé: Quelle est la responsabilité des dirigeants africains dans l’explosion de la pauvreté et des inégalités dans leurs pays alors même que certains de ces pays connaissent des taux de croissance spectaculaires ?


PS : Et puis pour rappeler aux combattants anti-colonialistes d’aujourd’hui ce qu’était l’Amérique de Rosa Parks, on peut réécouter « Strange Fruits » de Billy Holliday repris récemment par Kanye West dans « New Slaves » et dont le refrain dit : I see blood on the leaves ; Je vois le sang des noirs pendus aux branches des arbres qui coule sur les feuilles.

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