Paperblog

dimanche 14 janvier 2018

Violences : Le poids des jeux, le choc des videos.

Une policière rouée de coup: C'est bon ça, coco, ça fait du viral !

Combien de vues a pu faire cette vidéo ? Un jeune homme mortellement poignardé dans la station Châtelet- Les Halles à Paris, son agonie filmée par x smartphones. Personne ou presque n’est intervenu, ce sont les services de sécurité qui ont coursé l’agresseur. Les « spectateurs » étaient trop occupés à immortaliser l’instant, à poster et partager leurs vidéos, à en faire des stories sur Instagram, peut-être même des selfies, pour snapchat avec des oreilles de lapin ou des nez de clowns (?).
Comme le 31 décembre dernier à Champigny, pour ces deux policiers roués de coups, alors qu’ils étaient appelés à la rescousse pour empêcher qu’une soirée mal organisée tourne au drame: Tout le monde condamne, tout le monde est choqué. Tout le monde est choqué, vraiment ? Les pti’mecs qui sortent leurs smartphones pour filmer la baston et la policière frappée à terre, en s’approchant pour qu’on voit mieux, en se pourléchant les babines d’excitation, en poussant des cris : « C’est chaud, c’est chaud ! » ne sont-ils pas coupables, au moins de non assistance à personne en danger ?
Si vous vous noyez, soyez sûrs que vos derniers instants seront diffusés en live, mais y aura-t-il quelqu’un pour vous lancer une bouée de sauvetage ?
Il existe aujourd’hui une complaisance à l’ignoble. Nous sortons notre smartphone et nous filmons en criant que c’est horrible. Nous nous croyons dans des jeux vidéos. Nous ne partageons plus avec le monde qui nous entoure mais avec nos réseaux, nos groupes, nos « amis » facebookiens, nos followers. Nous n’allons plus voir la Tour Eiffel, mais faire un selfie devant la Tour Eiffel, nous ne regardons plus la Joconde, mais nous la filmons avec une perche.
Tout est virtuel, la mort n’est qu’un jeu, tout est occasion à faire du buzz. Si possible viral. Une vidéo virale. Rien que l’appellation, cela fait froid dans le dos.
Remarquez, à partir où le Président des Etats-Unis annonce qu’il a vendu à la Norvège des avions F-52, qui n’existent que dans le jeu « Call of Duty », tout est possible !

samedi 13 janvier 2018

Nous sommes tous des #paysdemerde

Les bobos contre le peuple ? Oprah Winfrey incarne l'Amérique q'on aime pas celle qui vote !

Non, Donald Trump n’est pas fou ! Il vient même de démontrer une nouvelle fois qu’il est malin et …cynique.  
En traitant tous les pays d’émigration sauf la Norvège – mais pas sûr que vue la richesse et la qualité de vie en Norvège, beaucoup de norvégiens embarquent sur des drakars pour émigrer clandestinement aux Etats-Unis – de pays de merde, le Président américain ne s’adresse pas à nous, il ne s’adresse même pas aux pays africains ou à Haïti, dont il n’a rien à faire, il s’adresse à son électorat. Disons les américains moyens, très moyens, l’Amérique profonde, qui a le sentiment de devenir minoritaire face non pas aux musulmans, non pas aux arabes, mais aux noirs bien sûr, mais surtout aux latinos. A chaque pays , ses obsessions. On le sait ce n’est plus qu’une question d’années, les « blancs » ne seront plus majoritaires aux Etats-Unis. 
Finalement Trump est peut-être le chant du cygne de cette Amérique-là. Elu de justesse avec 2 millions de voix de moins qu’Hillary Clinton, il continue de bénéficier d’un socle de followers, qui contre vents et marée -  déclarations atomiques contre la Corée du Nord, relance du charbon, forages pétroliers, et je m’en tape de la planète, et je me fous du réchauffement climatique, et je me brouille avec notre alliée historique, la Grande-Bretagne et s’il y a des massacres de masse aux Etats-Unis, c’est parce que les américains n’ont pas assez d’armes pour se défendre eux-mêmes, et je tweete plus vite que mon ombre,  – continuent à penser qu’avec Donald, America is back. Et finalement, cet électorat-là, que pense-t-il d’Haïti ou du Salvador ? Des pays de merde. Et chez nous, que pensent certains du Mali, du Niger ou de la Syrie ? Des pays de merde. Donald Trump dit tout haut ce que beaucoup d’américains ou d’européens pensent des migrants qu’ils soient demandeurs d’asile ou demandeurs de travail. 
Et ce ne sont pas les dénonciations de personnalités certes tout à fait respectables et brillantes, comme la présentatrice de télé américaine Oprah Winfrey, ou l’actrice Meryl Streep, qui pourront y changer quelque chose. Au contraire, elles confortent les «vrais gens» dans leur opinion que toutes ces protestations sont le fait d’une intelligentsia, de privilégiés, de bobos  qui ne connaissent rien des difficultés de la vraie vie. Et ce n’est pas parce que chez nous, un Omar Sy ou un Teddy Riner, dont les parents ont eu fort heureusement la bonne idée – enfin, ils n’avaient pas eu vraiment le choix -  de venir de "pays de merde" pour enrichir notre pays par le talent de leurs enfants, que nous éviterons qu’une bonne partie de nos concitoyens ne craigne, comme les électeurs de Trump, ou comme un Eric Zemmour, le « grand remplacement ».
AfD en Allemagne, ayatollahs chrétiens au pouvoir en Pologne, dérives fascisantes en Hongrie, Marine Le Pen au second tour des présidentielles françaises, le populisme qui n’est pas synonyme de peuple ou de populaire nous guette aux détours de prochaines élections.
On n’est pas dans merde.


mardi 2 janvier 2018

Vœux d’Emmanuel Macron: Mieux vaut un message de 2 mn qu’un pensum de 18 mn

M'bappé pour inspirer les voeux présidentiels de 2019 ? 
Nous n’allons pas nous mentir : Emmanuel Macron est intelligent et cultivé. Il connaît ses conjugaisons, on sent qu’il a pris des cours de théâtre, on reconnaît la patte de plumes et de nègres de talent – C’est ainsi qu’on appelle ( qu’on appelait ? ) les personnes anonymes qui écrivent pour une personnalité –, bref on sait qu’un discours d’Emmanuel Macron ne sera jamais inintéressant. Une bonne conférence de Sciences Po.
Mais en même temps...
Il n’est pas Démosthène - ou plutôt pour ceux qui ne verraient pas en quoi évoquer Démosthène à propos de Jupiter est anachronique – vite un coup de Wikipedia pour se remettre à niveau - il n’est pas De Gaulle. Bien sûr on peut dire.  « Le moule est cassé ». « Des comme De Gaulle, il n’y en a qu’un par siècle ».
Mais prenez l’idée de « faire son Kennedy » en reprenant la formule célèbre du Président américain «Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays.”, c’était une bonne idée. Mais mal jouée. Ça sonnait faux, surtout assis derrière un bureau à l’Elysée, alors que Kennedy était debout sur les marches du Capitole à Washington face à la foule. Ça avait de la gueule. Et son discours était très court: 13 mn, l’un des plus courts de tous ceux prononcés par les Présidents américains. Plus court que celui de Trump dont la pensée est pourtant formatée par tweeter. Plus court que celui de Macron.
La com’ de l’Elysée a dû avoir le sentiment que les vœux présidentiels allaient passer au-dessus de la tête de beaucoup d’entre nous, d’où une deuxième version, spécial tweeter. C’est un terrible aveu car finalement cela veut dire que la substantifique moelle du message tenait en 2 mn et que 16 mn de l’allocution télévisée étaient donc superfétatoires.  
Pour l’année prochaine, l’Elysée pourrait demander à …Kylian M’bappé. Le footballeur prodige de 18 ans a émaillé ses vœux de citations bien trouvées dont l’une de Churchill : « Là où se trouve une volonté, il se trouve un chemin ». Cela aurait bien convenu pour les vœux d’un Président « En Marche »…



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